|
23 octobre 2009 : entrée en grève
32 intérimaires de la société d’interim Multipro décident de se joindre à l’acte II de la lutte des sans-papiers pour leur régularisation. Ils s’organisent avec le syndicat Solidaires, élisent 3 délégués et décident d’occuper partiellement l’agence du 146 boulevard de Ménilmontant dans le 20e , le vendredi après-midi, jour de paye pour les intérimaires. Dès le premier jour, le patron (officiellement directeur d'agence), Thierry Belhassen, réagit très violemment et casse le nez d’un membre du comité de soutien.
Multipro est une entreprise familiale, beaucoup des sans-papiers qui y sont employés y travaillent depuis des années, tout le monde se connaît. La grève se met en place. 5 grévistes sont dans l’agence et ne bloquent pas son fonctionnement, les autres font le piquet de grève sur le trottoir, à l’extérieur. Ils sont soutenus par le comité de soutien aux travailleurs sans papiers du 20ème arr. de Paris.
7 novembre 2009 : manifestation des sans-papiers du 20e
Les grévistes participent à la manifestation des sans-papiers du 20e, arrondissement dans lequel 4 sites sont en grève soutenus par un comité de soutiens très actif.
16 novembre 2009 : Le patron leur coupe le courant
Ce vendredi soir, en partant, le patron coupe le compteur et ferme à clef la porte de son bureau où se trouve le tableau électrique. Bel exemple de mépris pour ses ouvriers ! La solidarité du voisinage permettra de faire un branchement de fortune pour le week-end. Le lundi matin, devant la mobilisation du comité de soutien, le patron rétabli le courant.
18 novembre 2009 : assignation en justice
Le patron tente sans succès de les faire harceler par la police. Une rencontre est prévue pour le 18 novembre. Ce même jour un huissier dépose une requête pour assigner les grévistes en justice, pour un jugement le 18 décembre. Le soir lors d’une rencontre dans les locaux de Solidaires, le patron refuse toute négociation.
18 décembre 2009 : procès au palais de justice de Paris.
Le patron ne daigne pas se déplacer et envoie son avocat qui affirme qu’à part les 3 délégués assignés en justice, il ne connaît aucun des autres grévistes. Il les accuse pourtant de vouloir le racketter en lui faisant payer la taxe Ofii que doit acquitter toute entreprise qui embauche un étranger. Le jugement est partagé. Il ordonne l’évacuation de l’agence en dehors des heures d’ouverture, mais enjoint à Multipro à négocier.
Pourtant rien ne bouge !
11 janvier 2010 : commandement de vider les lieux
Un huissier se présente à nouveau boulevard de Ménilmontant avec un commandement.
15 janvier 2010 : Une rencontre aura lieu entre les 2 parties où Multipro accepte éventuellement de faire des Cerfa pour 3 ou 4 personnes sur les 32 dossiers présentés.
Pendant ce temps Multipro ouvre une nouvelle agence rue des Immeubles industriels dans le 11e. Le patron et ses employés déménagent les ordinateurs, les dossiers et les meubles de l’agence du boulevard de Ménilmontant.
29 janvier 2010 : 100 jours de grève
Ce vendredi-là, le traditionnel apéritif de soutien aura plus d’éclat que d’habitude, tout le monde veut être présent pour ce 100e jour de grève. Même si la situation est difficile, la combativité reste intacte.
4 février 2010 : En pleine vague de froid, ce patron sans scrupule fait couper l’électricité de l'agence, privant les grévistes de chauffage et de lumière.
Les grévistes s'organisent pour se chauffer et s'éclairer, avec la solidarité des soutiens dont certains de leurs voisins.
5 février 2010 : inauguration de la nouvelle agence.
Les grévistes et des membres du comité de soutien se rendent en manifestation pacifique au 15, rue des Immeubles industriels l'inauguration de la nouvelle agence, et manifestent leur mécontentement avec sifflets, mégaphone, slogans et affiches. Les négociations sont toujours au point mort.
6 février 2010 : 2e manifestation des sans-papiers sur les 19e et 20e
Une nouvelle manifestation des sans-papiers des 19e et 20e se rend de la porte de Lilas jusqu’à Multipro boulevard de Ménilmontant. Toutes les organisation de gauche et les associations y participent . Elle se termine par des prises de parole des grévistes et d'élus locaux. Le soir, un grand concert de solidarité permettra de récolter des fonds. Après 3 mois de grève, les caisses de solidarité s’épuisent.
11 février 2010 : action sur un chantier
Pour obliger Multipro à négocier, les grévistes, accompagnés de membres du comité de soutien, se rendent dans les quartiers chics de Paris, sur un chantier où Multipro continue à faire travailler des intérimaires sans-papiers pour un donneur d'ordre, Doyère démolition. Sifflets, mégaphone et Tam-tam, le chantier est bloqué une heure et nous expliquons le sens de notre action.
12 février 2010 : agression rue des Immeubles industriels
Les grévistes se rendent le matin à la nouvelle agence, et réaffirment à nouveau leur volonté de voir s’ouvrir des négociations. Le patron, une fois de plus violent, frappe un délégué des grévistes et un membre du comité de soutien. Une plainte est déposée. L’après midi, il fera téléphoner des sous-fifres feignant de vouloir négocier. Mais à aucun moment, il ne répondra aux sollicitations quotidiennes, qu’elles viennent de ses anciens employés, aujourd'hui en grève, de Solidaires, des avocats ou des élus qui tentent de le convaincre d’entamer un dialogue.
19 février 2010 : une nouvelle action des grévistes
Ce jour-là, les grévistes, accompagnés du comité de soutien, tentent à nouveau de faire valoir leurs droits en manifestant devant le 15 rue des Immeubles industriels, où ils trouvent un vigile et le rideau de l’agence baissé. Ils décident donc de se rendre à l’autre agence détenue par le patron, soit au 235 boulevard Voltaire. 2 agents de police sont devant cette agence dont le rideau est également baissé, mais une véritable milice cachée à proximité, attaque la petite manifestation avec une violence inouïe, mêlant coups et injures racistes et sexistes. Plusieurs personnes sont blessées, dont l’une sera hospitalisée avec une fracture au coude. La police appelée en renfort s’interpose. Mais, à notre connaissance, aucun agresseur ne sera inquiété. Des plaintes sont sont encore déposées. Des articles parus dans l’Humanité et le Parisien (Paris) du 22 février relatent cette agression scandaleuse.
24 février 2010 17h30 : protestation et solidarité massive
Pour protester contre ces méthodes barbares et condamner de tels agissements, de nombreuses organisations et partis ont appelé à un rassemblement qui réunit plus de 400 personnes Place de la Nation, à proximité du lieu de l’agression perpétuée le 19 février.
1er mars 2010 : arrestation de 2 grévistes de Multipro
2 grévistes de Multipro sont arrêtés au métro Couronnes alors qu'il font une collecte de solidarité pour leur grève. Grâce à la mobilisation des soutiens et des élu-e-s, ils seront relâchés du commissarait où ils étaient placés en garde à vue.
12 mars 2010 : actions concernant les donneurs d'ordre
Nous nous sommes rendus à l'aube dans les dépôts de deux autres entreprises donneuses d'ordre, DTP et LDT (La Démolition Technique), entreprises de démolition pour lesquelles plusieurs grévistes ont bossé, via l'entreprise d'intérim Multipro.
L'objectif est double : toucher les principaux donneurs d'ordre de Multipro pour faire pression sur le patron dans l'optique d'ouvrir des négociations, et essayer également de décrocher des CERFA avec des CDD ou des CDI.
19 mars 2010 : les grévistes de retour devant les agences de Nation
Un mois, jour pour jour, après l'agression des milices patronales, une nouvelle action est menée devant les agences Multipro de Nation et réunit plus de 80 personnes. « La société Multipro est un rempart et ne cédera pas devant le fascisme. Tous unis contre le mensonge, la calomnie et le terrorisme », annonce un écriteau sur la devanture, assimilant les grévistes et les soutiens à des « staliniens », des « fascistes » et des « terroristes ». La patron, une nouvelle fois, agresse d'un coup de tête un syndicaliste de Solidaires qui lui demandait seulement de négocier.
Par ailleurs, apprenons qu'une enquête du procureur de la République aurait été ouverte suite à 5 plaintes (3 du comité de soutien et 2 grévistes) pour l'agression physique et raciste du 19 février dernier.
23 mars 2010 : participation des grévistes à la manifestation interprofessionnelle
Les grévistes de Multipro se sont joints aux centaines de grévistes sans-papiers qui défilent au sein des cortèges syndicaux Solidaires et CGT, lors des manifestation interprofessionnelle du 23 mars pour la défense des retraites.
2 avril 2010 : deuxième concert de soutien aux grévistes sans-papiers du 20ème
Plus de 200 personnes sont venues participer à ce concert, initiative permettant de populariser davantage la lutte et de récolter des fonds pour la caisse de grève.
9 avril 2010 : premier contact avec la gérante de Multipro
Nouvelle action massive devant les agences Multipro de Nation, avec de nombreux soutiens et des pancartes, tracts, mégaphone, djembés... Le patron et son père provoquent les grévistes, le père agitant même un drapeau français devant la police présente. Des élus avec leurs écharpes sont venus soutenir les grévistes mais sont insultés par le père, André Belhassen. Ils portent plainte. De nombreux témoignages de soutien par les passants, dont l'une donne même un billet de 100 euros aux grévistes !
La nouveauté du jour, c'est l'apparition de la gérante officielle : Mme Caroline Servoir, qui dialogue une heure avec les syndicalistes et grévistes présents, sans pour autant montrer la moindre volonté de négocier.
16 avril 2010 : nouvelle agression du patron
- Action du vendredi devant les agences Multipro de Nation.
Matinée calme, devant l'agence 15 rue des Immeubles Industriels. L'après-midi, vers 15h, nous décidons de nous rendre devant l'agence du 235 bd Voltaire. 5 personnes sont postées devant l'agence : le patron de Multipro, son père et 3 hommes. Quand nous nous avançons, le père se positionne devant nous en criant "on ne passe pas !", puis le patron se rue sur nous suivi des autres en hurlant contre le délégué Solidaires: "je vais te crever, fils de pute !". Les grévistes et des soutiens forment immédiatement un écran pour le protéger. D'autres personnes, sorties des commerces alentours, accourent vers le rassemblement en criant, en arrachant les pancartes et en donnant des coups aux grévistes. Le patron, hors de lui, revient violemment à la charge plusieurs fois. La police arrive sur les lieux. Selon plusieurs personnes, le patron aurait exibé un couteau...
http://le75020.fr/paris-XXe-75020-20e-arrondissement/actualite/vie-locale/13696-impasse-sans-papiers-multipro-menilmontant.paris-75020-info |